BIO
est une artiste peintre et poétesse franco-serbe-bosnienne née en 1971 à Sarajevo.
Formée au Lycée des Arts Appliqués de Sarajevo, puis à l'Académie des Beaux-Arts de Sarajevo, elle poursuit sa formation à l'Academie des Arts de l'Université de Novi Sad, en Serbie où elle obtient son diplome en 1996, au département de gravure.
Mon
travail, profondément influencé par mon parcours personnel, m’a
permis de découvrir une immense joie d’enfant s’adonnant à
l’exploration des labyrinthes, à la manière d’un artiste
préhistorique s’avançant dans l’obscurité pour chasser les
minotaures.
Je l’appréhende comme une réponse qui dépeint
mes émois et le rapport qu’ils entretiennent avec les flux d’une
mémoire tour à tour réelle et imaginaire.
J’expérimente
ainsi différents matériaux et techniques dans divers sujets
thématiques pour composer mes peintures, dessins et collages. C’est
une recherche orientée par l’effet surprenant de l’imprévu. Le
hasard, légèrement contrôlé par divers gestes, dispersion des
pigments, impression monotype, pochoir, effets insolents du lavis ou
encore déracinés des collages, est au centre du processus.
Je
considère la composition comme une mise en scène, impliquant un
travail préalable de montage de la maquette qui sera ensuite
reproduite sur toile ou papier. Les éléments sont juxtaposés et ne
se fondent pas toujours en une unité organique et naturelle ; ils
ressemblent plutôt aux pièces d’un puzzle éparpillé puis
rassemblé en un nouvel organisme, à la fois beau et terrifiant.
Ce
qui m’intéresse donc n’est pas la représentation du sujet/objet
en tant que tel, mais son interprétation en tant que support des
gestes et des formes qui viennent de la profondeur de soi, de cet
espace abstrait et méconnu qui côtoie les spectres.
Dans mes peintures, j’aborde la notion de tragique à travers
des images qui évoquent, à première vue, le paysage, le portrait,
l’animal ou la nature morte. Il s’agit d’un monde
post-poétique, porté par un regard simultané vers le passé et
l’avenir, où un silence suspendu au-dessus des cendres froides
pétrifie l’image dans une intense polychromie.
C’est aussi
un récit qui se nourrit d’images retrouvées dans les archives
personnelles, sur Internet, ou encore dans le noir et blanc des
livres anciens et des cartes postales abandonnées. Il traverse des
mondes insaturés, depuis longtemps révolus, que je sauve des
décombres en projetant sur eux une lumière aveuglante, fluorescente
et théâtrale. Il explore également notre monde contemporain, où
se frôlent anges et fantômes, princes et bergères, les uns et les
autres, aussi effrayants qu’effrayés, aussi mortels qu’immortels.


